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Interview de Thomas Lorblanchet
juin 20, 2008, 4:26
Classé dans : Interviews

 

 

On le sait, le trail n’est pas le premier sport dans lequel tu as brillé. Peux-tu nous rappeler à quel moment et pourquoi tu as arrêté le triathlon ?

 

Mes 2 parents étant professeurs d’EPS, j’ai eu la chance de pouvoir baigner dans le milieu du sport depuis mon enfance. Ils ont su m’inculquer ce goût de l’effort et du dépassement de soi. J’ai commencé par la natation avant de bifurquer vers les cross et enfin le triathlon où j’ai pu côtoyer le haut niveau puisque membre de l’équipe de France Junior pendant toute cette catégorie. La pratique du triathlon n’a par la suite plu vraiment remplie mes attentes sportives : pratique et discipline trop aseptisée, avec une nécessité de volume d’entraînement important pour maintenir un niveau national et peu compatible avec mes études (kinésithérapie). Habitant à Clermont Ferrand au pied de la chaîne des Puys, je me suis ensuite dirigé vers une pratique plus outdoor et notamment les trails. J’y ai tout de suite obtenu de bons résultats et persévéré dans cette voie et cette pratique nouvelle. Je suis maintenant depuis 4 saisons membre du team trail Salomon où l’investissement et le sérieux de la marque me pousse à m’investir chaque saison.

 

Comment as-tu pu gérer ton emploi du temps lorsque tu étais encore en école de kiné ? Et maintenant à quoi ressemble l’organisation d’une journée type pour toi ?

 

La conciliation Sport et étude est loin d’être une mince affaire. En école de kiné, mes journées étaient minutées et ne laissaient pas vraiment la place à l’improvisation et à la glandouille. Au 35 heures de cours hebdomadaires, s’ajoutaient les 20 heures d’entraînement de triathlon. Je ne bénéficiais d’aucun aménagement de l’emploi du temps ni de la scolarité. Et avec du recul maintenant ce n’est peut être pas si mal car cela aide à s’organiser, à cerner les priorités, aller à l’essentiel. J’ai pu concilier ce rythme jusqu’en 3e année qui correspondait en fait à mon passage dans la catégorie sénior et surtout au diplôme d’état de kiné. J’ai donc relâché un peu ma pratique triathlon et bifurqué dans la pratique trail une fois le diplôme en poche.
A présent, j’organise ma journée entre ma vie familiale, professionnelle et un entraînement quotidien que j’essaye de caser le mieux possible pour ne pas trop perturbé les 2 autres piliers. J’ai également une épouse « très compréhensive » qui m’aide et m’épaule dans ma pratique sportive. Depuis le début de cette année, j’ai la joie de connaître la paternité, je m’arrange donc pour m’entraîner le matin de bonne heure avant d’aller au cabinet ou entre midi et 14h00 afin d’être disponible en soirée. J’ai la possibilité en tant que libéral de pouvoir organiser mon emploi du temps mais je fais pas mal d’heures de boulot et les journées ne font que 24h00…

 

Salomon est sans doute la marque la plus représentée dans le milieu du trail ? Est-ce à ton avis principalement dû au budget alloué à la publicité par la marque ?

 

Effectivement Salomon est une marque très présente dans le milieu du trail mais plus largement dans le domaine de l’outdoor. C’est vrai que leur politique de communication est très tourné dans ce domaine et c’est une marque qui sait mettre les moyens. Maintenant, Salomon a une certaine légitimité dans le monde nature. De par son histoire, et surtout ses produits. Ce sont des produits adaptés, réfléchis et efficaces. Et cela les pratiquants le savent et le reconnaissent largement.
Plus jeune, avant d’intégrer le team Salomon,  j’idéalisais un peu les produits Salomon, maintenant que je connais un peu mieux les rouages marketing et de communications, j’ai plus de recul mais pour moi Salomon a encore une bonne longueur d’avance.

 

Interviens-tu dans le développement des produits ? De quelles façons ?

 

Comme je le mentionnais un peu plus haut, Salomon sait mettre les moyens pour communiquer mais aussi et surtout pour créer. La firme sait s’encadrer de gens compétents, qui savent et pratiquent… Et c’est dans cette logique qu’il existe des liens entre le team et le développement des futurs produits Salomon. Il ne faut pas oublier que les produits aident largement à faire évoluer la discipline. On fonctionne beaucoup en feed back avec les ingénieurs, à travers de tests sur des prototypes, et des impressions des coureurs du team sur telle ou telle chaussure, tel ou tel sac ou encore coupe vent.

 

Comment imagines-tu ton avenir dans le trail ? Comptes-tu courir dans l’avenir des ultras ?

 

Je fais du trail par plaisir, c’est une discipline en pleine évolution et mutation. Les courses vont de plus n plus vite. Mais les domaines d’évolution et de perfectionnement sont encore très large : préparation, diététique de course, gestion de l’effort et tout n’est pas encore codifié. Je pense ne pas m’en lasser d’ici peu. Les formats de courses en trail sont très nombreux, dénivelés, distance, par étape… Et je pense que c’est là la force de cette discipline. Tout le monde peut y trouver quelque chose pour permettre de s’améliorer.
Par la suite, en ce qui me concerne, l’évolution viendra par la suite par une montée progressive sur l’ultra. Mais seulement une fois que je me sentirai dépassé sur la distance inférieure. Car je pense qu’il est ensuite difficile de revenir en arrière et d’être performant une fois la marche franchie.

Maintenant, mon avenir dans le trail, je ne le vois pas non plus forcément en tant que compétiteur, je peux également le voir de l’autre côté de la barrière en tant qu’organisateur de courses ou encore de stages pur les amoureux de la discipline. A l’instar des Running camp (www.runnigcamp.fr) que j’ai montés avec mon pote Sam Bonaudo où le temps d’un week-end je fais découvrir la discipline, partager mon expérience sur l’entrainement, sur la pratique du trail, sur la reco de parcours et sur tous les petits plus qui peuvent faire la différence le jour de la course.

Et l’avenir du trail en général comment l’imagines-tu ?

 

A l’heure actuelle, le trail est à l’image du VTT au début des années 90. C’est une discipline en plein essor et en pleine évolution. Elle bénéficie de cette image nature et sans véritables règles de course. Maintenant il est vrai que c’est une discipline exigeante à ne pas mettre enter toutes les « gambettes » et qui nécessitent un certain entraînement avant de lancer à corps perdu en pleine montagne., sur des chemins escarpés.
L’évolution viendra de par les épreuves et les formules proposées aux coureurs. Il faut se renouveler en permanence sans s’enfermer dans un stéréotype de course établi à l’avance et immuable comme a pu le faire le VTT par le passé.
Au jour d’aujourd’hui, les principaux acteurs du trail ont leur avenir entre les mains…

Que penses-tu de l’implication de la FFA dans le milieu du trail ? Et le championnat de France de trail ? Selon toi quelle sera la crédibilité d’un titre de champion(ne) de France en 2008 ?

                

L’implication de la FFA dans le milieu du trail est à double tranchant. Elle peut amener un plus indéniable à la discipline, celui de la crédibilité dans le monde sportif et notamment vis à vis des autres disciplines de l’athlétisme et des autres sports. Cependant, la FFA ne doit pas trop cadrer une discipline qui plait justement car pas trop cadrée. Le lancement d’un championnat de France sur un modèle type challenge est une bonne idée, mais celui ci a été mis en place de façon trop bâclé, sans respecter le calendrier plus ou moins officieux de la discipline. Et c’est dommage car l’idée n’est pas mauvaise mais qui dit championnat de France dit constitué d’épreuves d’envergure nationale et ce n’est pas le cas de toutes les épreuves composants ce challenge à l’heure actuelle.

On risque donc de voir un titre de champion de France sans grande valeur pour cette première édition. A l’heure actuelle le véritable champion de France reste pour moi le vainqueur des Templiers, qui représente pour moi le véritable titre de Champion de France.

 

Si tu étais organisateur, quelle serait la manifestation que tu rêverais de créer ?

 

En tant qu’organisateur, mon épreuve reine serait un peu du style Tour de France. Avec une série d’épreuves enchaînées sur 3, 4 jours (un peu à l’image de ce que proposera ASO l’année prochaine), autour de spots magnifiques avec des départs et arrivées dans des villes étapes qui s’impliqueraient dans l’événement. L’épreuve regrouperait des coureurs venant de tous horizons avec classements par étape et classements cumulés. Et une finale un peu plus tard, avec un parcours atypique et les x premiers du général. Mais bon là j’en dis un peu trop ;-)…
Ce genre d’épreuves serait organisé à la sortie de l’été.

 


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